The Discovery of Matthieu Taliesin

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The Discovery of Matthieu Taliesin
Among the many joys of research, there is none greater than the unexpected discovery—the moment when chance, or fate, places something long forgotten into one’s hands. Such was my experience upon encountering the scattered writings of Matthieu Taliesin.
I might never have found them at all had a summer storm not delayed my departure from Uppsala, leaving me idle time to examine what I had initially dismissed as irrelevant additions to my research materials. I had come to the Uppsala University Library for an entirely different purpose, chasing down a citation in an obscure treatise on historical bowing practices. The librarian, a taciturn man with a penchant for understatement, had brought out a stack of unrelated volumes, muttering something about “other materials that might be of interest.” At the bottom of the pile—wedged between an out-of-print viola method and an unsigned manuscript of dubious authenticity—I found them: a handful of worn notebooks, their covers soft with age, their pages filled with a fine, restless hand.
There was no title, no clear attribution. Some of the pages contained musical sketches, others cryptic aphorisms. Here and there, passages were crossed out so furiously that the ink had eaten through the paper. Some pages were dated, others not, creating a chronology that seemed to fold back upon itself. At times, I wondered if I was reading the work of one man or several, as the handwriting, while distinctive, subtly shifted in character from one entry to the next. And yet, even in those first moments of reading, I had the unmistakable sense of having stumbled upon something rare: not just the work of a musician, but of a mind grappling with the very essence of artistry.
Who was this Taliesin? The name was unfamiliar to me, and a search through the usual reference works yielded nothing. The notes themselves offered only glimpses. He was a musician, certainly, but not in the way we typically understand the term. He did not seek to dazzle or dominate. He was drawn instead to the in-between spaces: to the listener’s role as much as the performer’s, to the unseen architecture that holds music together. “The middle voice is where truth resides,” he wrote in one passage—a phrase that, I would later realize, encapsulated his entire philosophy.
His life, as best as I could piece together, was one of searching. There were hints of exile, of loss. He spoke often of a grandfather who had shaped his thought, of a father whose absence left a shadow. He seemed to exist outside of time—finding revolutionary ideas in ancient texts and timeless wisdom in contemporary experiments. “The new,” he wrote, “is often the forgotten old seen through fresh eyes.” He was both deeply rooted in tradition and quietly rebellious against it—one of those rare figures who do not reject the past but seek to inhabit it fully, to understand it from within.
The writings I have gathered here are not a method, nor a systematic theory of music. They resemble, rather, the teachings of the great masters of old: elliptical, challenging, designed to provoke thought rather than dictate rules. Some take the form of parables, others of dialogues or aphorisms. They reflect a vision of music not as mere craft but as a way of being in the world.
In compiling and commenting on these texts, I do not claim to resurrect Taliesin—perhaps no one can—but rather to serve as a guide through his ideas. This series will present his words as they were found, each accompanied by my own reflections.
With this first article, we step into the world of Matthieu Taliesin—a teacher, a musician, and, until now, a voice lost to time.
Barcelona, March 2025.
La découverte de Matthieu Taliesin
Parmi les nombreuses joies de la recherche, il n’en est aucune plus grande que la découverte inattendue—ce moment où le hasard, ou le destin, place entre nos mains quelque chose longtemps oublié. Telle fut mon expérience lorsque je tombai sur les écrits épars de Matthieu Taliesin.
Je ne les aurais peut-être jamais trouvés si un orage d’été n’avait retardé mon départ d’Uppsala, me laissant le temps d’examiner ce que j’avais initialement considéré comme des ajouts sans importance à mes documents de recherche. J’étais venu à la Bibliothèque universitaire d’Uppsala dans un tout autre but, poursuivant une citation dans un traité obscur sur les pratiques historiques d’archet. Le bibliothécaire, un homme taciturne avec un penchant pour la litote, avait apporté une pile de volumes sans rapport, marmonnant quelque chose à propos « d’autres documents qui pourraient être intéressants ». Au fond de la pile—coincés entre une méthode d’alto épuisée et un manuscrit non signé d’authenticité douteuse—je les ai trouvés: une poignée de carnets usés, leurs couvertures adoucies par le temps, leurs pages remplies d’une écriture fine et inquiète.
Il n’y avait ni titre, ni attribution claire. Certaines pages contenaient des esquisses musicales, d’autres des aphorismes cryptiques. Ici et là, des passages étaient rayés avec une telle fureur que l’encre avait traversé le papier. Certaines pages étaient datées, d’autres non, créant une chronologie qui semblait se replier sur elle-même. Parfois, je me demandais si je lisais l’œuvre d’un seul homme ou de plusieurs, car l’écriture, bien que distinctive, changeait subtilement de caractère d’une entrée à l’autre. Et pourtant, même dans ces premiers moments de lecture, j’avais l’indéniable sentiment d’être tombé sur quelque chose de rare: non seulement l’œuvre d’un musicien, mais celle d’un esprit aux prises avec l’essence même de l’art.
Qui était ce Taliesin ? Ce nom m’était inconnu, et une recherche dans les ouvrages de référence habituels ne donna rien. Les notes elles-mêmes n’offraient que des aperçus. Il était certainement musicien, mais pas comme on l’entend habituellement. Il ne cherchait pas à éblouir ou à dominer. Il était plutôt attiré par les espaces intermédiaires: autant par le rôle de l’auditeur que par celui de l’interprète, par l’architecture invisible qui maintient la musique ensemble. « C’est dans la voix médiane que réside la vérité », écrivait-il dans un passage—une phrase qui, je m’en rendrais compte plus tard, résumait toute sa philosophie.
Sa vie, d’après ce que j’ai pu reconstituer, en était une de quête. Il y avait des allusions à l’exil, à la perte. Il parlait souvent d’un grand-père qui avait façonné sa pensée, d’un père dont l’absence laissait une ombre. Il semblait exister hors du temps—trouvant des idées révolutionnaires dans des textes anciens et une sagesse intemporelle dans des expériences contemporaines. « Le nouveau », écrivait-il, « est souvent l’ancien oublié vu avec un regard neuf ». Il était à la fois profondément enraciné dans la tradition et discrètement rebelle contre elle—l’une de ces rares figures qui ne rejettent pas le passé mais cherchent à l’habiter pleinement, à le comprendre de l’intérieur.
Les écrits que j’ai rassemblés ici ne constituent ni une méthode, ni une théorie systématique de la musique. Ils ressemblent plutôt aux enseignements des grands maîtres d’autrefois: elliptiques, stimulants, conçus pour provoquer la réflexion plutôt que pour dicter des règles. Certains prennent la forme de paraboles, d’autres de dialogues ou d’aphorismes. Ils reflètent une vision de la musique non pas comme simple artisanat, mais comme une manière d’être au monde.
En compilant et en commentant ces textes, je ne prétends pas ressusciter Taliesin—peut-être personne ne le peut—mais plutôt servir de guide à travers ses idées. Cette série présentera ses mots tels qu’ils ont été trouvés, chacun accompagné de mes propres réflexions.
Avec ce premier article, nous entrons dans le monde de Matthieu Taliesin—un professeur, un musicien et, jusqu’à présent, une voix perdue dans le temps.
Barcelone, mars 2025.
El Descubrimiento de Matthieu Taliesin
Entre las muchas alegrías de la investigación, ninguna supera al descubrimiento inesperado—ese momento en que el azar, o el destino, pone en nuestras manos algo largo tiempo olvidado. Tal fue mi experiencia al encontrarme con los dispersos escritos de Matthieu Taliesin.
Quizás nunca los habría encontrado si una tormenta estival no hubiera retrasado mi partida de Uppsala, dejándome tiempo ocioso para examinar lo que inicialmente había descartado como añadidos irrelevantes a mis materiales de investigación. Había acudido a la Biblioteca de la Universidad de Uppsala con un propósito completamente distinto, persiguiendo una cita en un oscuro tratado sobre prácticas históricas de arco. El bibliotecario, un hombre taciturno con inclinación hacia la moderación, había traído un montón de volúmenes sin relación, murmurando algo sobre “otros materiales que podrían ser de interés”. En el fondo de la pila—encajados entre un método de viola descatalogado y un manuscrito sin firma de dudosa autenticidad—los encontré: un puñado de cuadernos gastados, sus cubiertas suavizadas por el tiempo, sus páginas llenas de una caligrafía fina e inquieta.
No había título, ni atribución clara. Algunas páginas contenían esbozos musicales, otras aforismos crípticos. Aquí y allá, había pasajes tachados con tal furia que la tinta había traspasado el papel. Algunas páginas estaban fechadas, otras no, creando una cronología que parecía replegarse sobre sí misma. A veces, me preguntaba si estaba leyendo la obra de un solo hombre o de varios, pues la caligrafía, aunque distintiva, cambiaba sutilmente de carácter de una entrada a otra. Y sin embargo, incluso en esos primeros momentos de lectura, tuve la inconfundible sensación de haber tropezado con algo excepcional: no solo la obra de un músico, sino de una mente lidiando con la esencia misma del arte.
¿Quién era este Taliesin? El nombre me resultaba desconocido, y una búsqueda en las obras de referencia habituales no arrojó resultado alguno. Las propias notas ofrecían solo vislumbres. Era músico, ciertamente, pero no de la manera en que normalmente entendemos el término. No buscaba deslumbrar ni dominar. Se sentía atraído, en cambio, por los espacios intermedios: tanto por el papel del oyente como por el del intérprete, por la arquitectura invisible que mantiene unida la música. “En la voz intermedia reside la verdad”, escribió en un pasaje—una frase que, más tarde me daría cuenta, encapsulaba toda su filosofía.
Su vida, por lo que pude reconstruir, fue una de búsqueda. Había indicios de exilio, de pérdida. Hablaba a menudo de un abuelo que había moldeado su pensamiento, de un padre cuya ausencia dejaba una sombra. Parecía existir fuera del tiempo—encontrando ideas revolucionarias en textos antiguos y sabiduría intemporal en experimentos contemporáneos. “Lo nuevo”, escribió, “es a menudo lo viejo olvidado visto con ojos frescos”. Estaba tanto profundamente arraigado en la tradición como silenciosamente rebelde contra ella—una de esas raras figuras que no rechazan el pasado sino que buscan habitarlo plenamente, comprenderlo desde dentro.
Los escritos que he reunido aquí no constituyen un método, ni una teoría sistemática de la música. Se asemejan, más bien, a las enseñanzas de los grandes maestros de antaño: elípticas, desafiantes, diseñadas para provocar el pensamiento más que para dictar reglas. Algunos adoptan la forma de parábolas, otros de diálogos o aforismos. Reflejan una visión de la música no como mero oficio sino como una forma de estar en el mundo.
Al compilar y comentar estos textos, no pretendo resucitar a Taliesin—quizás nadie pueda—sino más bien servir de guía a través de sus ideas. Esta serie presentará sus palabras tal como fueron encontradas, cada una acompañada de mis propias reflexiones.
Con este primer artículo, entramos en el mundo de Matthieu Taliesin—un maestro, un músico y, hasta ahora, una voz perdida en el tiempo.
Barcelona, Marzo 2025.